

Qu'est-ce que l'hypersensibilité ?
L’hypersensibilité est une sensibilité plus forte que la moyenne à percevoir les différents stimuli de la vie tels que les sons, les couleurs, les textures, les émotions.
Le cerveau et le corps réagissent alors souvent de manière disproportionnée aux stimuli extérieurs. Ils fonctionnent comme des capteurs extrêmement puissants qui enregistrent le visible, et surtout l’invisible.
L’hypersensibilité est un trait de caractère inné que l’on rencontre chez 15 à 20 % des enfants. Les enfants hautement sensibles peuvent ainsi réagir de manière disproportionnée :
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aux bruits
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aux odeurs
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aux textures
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aux goûts
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à la luminosité
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aux sensations tactiles
Ce qui pourrait sembler être un atout est pourtant souvent difficile à vivre, car cette grande réceptivité à l’environnement sature rapidement le cerveau et les sensations corporelles de la personne hypersensible. Un forte réactivité s’exprime alors : explosion de joie, colère subite, renfermement total. Tout est possible et tout est décuplé.
Si l’entourage est facilement dépassé par ces réactions émotionnelles, c’est l’enfant lui-même qui est le premier fatigué et submergé par ce qu’il perçoit, ressent et par la façon dont il réagit.
Différents types d'hypersensibilité
Tactile : vive réaction à toute sensation tactile, comme par exemple les étiquettes de vêtements ou la texture des aliments.
Visuelle : toute sensation visuelle produit un effet de stimulation. Ce peut être, par exemple, l'éclairage fluorescent ou intense d'un lieu où les stimuli visuels sont nombreux, comme les salles de classe, les centre commerciaux, les manifestations diverses.
Statiques : tendance à ressentir les mouvements trop intensément (impression que les choses vont "trop vite"). Les personnes concernées sont souvent malades en voiture ou ont peur de pratique des activités où l'un des pieds ne touche pas le sol (échelle de toboggan, manège dans un parc d'attraction, etc.).
Auditive : sensibilité extrême aux bruits (appareils ménagers, tondeuses à gazon, circulation, brouhaha d'une salle de classe). Les personnes ayant une hypersensibilité auditive peuvent se mettre à faire elles-mêmes du bruit pour tenter de noyer toute nuisance sonore qui les dérange.

Les incidences
Ce rapport particulier au monde a un impact sur la qualité des relations que l’enfant entretient avec sa famille et à l’école. Ses réactions peuvent décontenancer et provoquer une grande incompréhension.
A l’école, l’élève perçoit sa différence et les autres lui renvoient une image négative de lui-même.
A la maison, les adultes prennent souvent pour « caprices » cette réponse émotionnelle particulière et minimisent, voire dénigrent, le ressenti de l’enfant hypersensible qui, pourtant, est bien réel.
Du fait de leur hyperréactivité émotionnelle et de leur lucidité extrême, les enfants hypersensibles ont tendance à être plus anxieux que la moyenne.
Il existe chez les hypersensibles un questionnement incessant sur l’extérieur, l’environnement, les relations aux autres mais aussi un questionnement permanent sur soi-même :
Suis-je le seul ou la seule à ressentir ça ?
Pourquoi ne suis-je pas détendu comme tout le monde ?
La remise en cause est permanente sur ce qui ce fait ou sur ce qui est pensé. Ce questionnement sans fin confère aux hypersensibles une faible confiance en eux qui ne permet pas de construire une estime de soi solide. La moindre certitude pouvant être remise en question l’instant suivant.

La gestion des émotions
Comme les enfants hypersensibles traitent les informations dans tous les détails, tout changement, même infime, peut les déstabiliser. Ainsi, trop de nouveaux éléments d’information à traiter peuvent submerger le cerveau de l’hypersensible et le mettre en panique.
Le traitement profond et intense des informations par le cerveau entraîne souvent l’enfant hypersensible dans un méandre de questions, de détails et d’hypothèses. Ainsi, un enfant submergé par les stimuli sensoriels peut réagir d’une des façons suivantes :
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Combat : il se fâche, se montre irritable, pique une colère
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Fuite : il est pris de panique, s’enfuit ou se replie sur lui-même, tellement il est submergé
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Apathie : l’enfant n’est tout simplement plus capable de parler ou de remuer
Véritable éponge émotionnelle, doué d’une grande empathie, l’enfant hypersensible peut ressentir l’interaction avec les autres comme une source de déception, de frustration, de souffrance et d’incompréhension.
La moindre injustice fait naître une ribambelle d’interrogations et de revendications. L’enfant peut être débordé par la tristesse et la colère qu’il éprouve face à certaines situations.
Il en est de même pour l’empathie qui peut épuiser les hypersensibles, fatigués d’être branchés en permanence sur ce que les autres ressentent.
La dévalorisation
Une émotion habituellement retrouvée chez l’enfant hypersensible est paradoxalement la dévalorisation. Cela est induit par une très grande exigence vis-à-vis de lui-même, au niveau scolaire mais pas seulement. L’enfant doit ainsi souvent faire face à des angoisses importantes. Parfois, c’est son corps tout entier qui manifeste ces angoisses : migraines, difficultés d’endormissement, maux de tête, de ventre, etc.
L'enfant hautement sensible et l'école
L’école est un environnement peu adapté et éprouvant pour les élèves à haute sensibilité. C’est un lieu bruyant, surstimulant, et les murs des salles de classe sont généralement recouverts d’affiches, ce qui représente un nombre très élevé d’informations, de couleurs.
En classe, l’élève hautement sensible s’ennuie souvent, parce qu’il saisit immédiatement le message de l’enseignant qui doit répéter plusieurs fois les mêmes consignes aux autres élèves. Alors l’hypersensible laisse son esprit vagabonder, il se renferme, décroche. Soudain l’enfant s’aperçoit qu’il a manqué quelque chose, ce qui est déconcertant.
Souvent très exigent, l’enfant hypersensible a besoin de faire les choses parfaitement et du premier coup. S’il ne parvient pas à réussir immédiatement, la mauvaise estime de soi fait surface. Ainsi, cette quête de perfection, cette peur de ne jamais bien faire, de n’être jamais suffisant, entraîne un niveau élevé de stress qui peut devenir permanent.
Paradoxalement, il existe aussi chez certains enfants une volonté inconsciente de ne pas montrer leur réussite. Ils veulent éviter d’être mis en valeur par leur enseignant. Il leur paraît plus rassurant de rester cachés dans l’anonymat du groupe.
C’est généralement à l’école que l’enfant hautement sensible éprouve des difficultés en matière de vie sociale. Il a tendance à se taire et à observer l’environnement très stimulant qui l’entoure. Une partie de ce qu’il observe consiste en des gestes cruels envers autrui ou lui-même. Toute réaction forte le met à part. Il peut être confronté à des préjugés liés à son tempérament. Dans ce contexte, l’enfant hypersensible est susceptible d’être anxieux à l’école en plus d’être surexcité par les stimulations.

Adaptations de l’environnement scolaire :
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Être vigilant sur la place en classe : le décor, l’aménagement de la classe et même les voisins de banc ont un impact sur la qualité d’attention.
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Permettre à un enfant sensible au bruit de s’asseoir dans sa classe à une distance éloignée de l’agitation et de la porte.
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Certains élèves ont besoin de bouger constamment pour rester attentifs ou de manipuler un objet.